La préservation de la planète fait partie de mes préoccupations et j’essaie d’agir au quotidien en adoptant des habitudes écolo (présentées ici). En tant que couturière amatrice, je me suis intéressée en particulier à la fabrication des tissus et des vêtements.
L’industrie textile, 2e industrie la plus polluante après l’industrie du pétrole
La Slow Couture contre la Fast Fashion
Coudre est en soi une activité responsable où on prend le temps de créer nos vêtements…. à condition de ne pas accumuler 3 chemises et 2 robes en une semaine ! On peut être tentée de suivre les tendances et d’acheter les nouveaux patrons et nouveaux imprimés à la mode.
Au fil des années, j’ai ajouté des vêtements intemporels cousus main dans ma garde-robe. En tous cas, j’essaie de choisir des modèles et des tissus dont je ne me lasserai pas de sitôt (je vous présente les essentiels de mon dressing cousu main en hiver, au printemps, en été et en automne).
Acheter des tissus de seconde main
Acheter moins de tissus neufs est un premier pas tellement important pour limiter notre impact sur l’environnement. Aujourd’hui, on peut trouver des tissus de seconde main sur les applis de vide-dressing (Vinted, Le Bon Coin…).
Pour l’instant, je couds très peu de tissus de seconde main mais cela fait partie de mes intentions pour les années à venir.
Des boutiques de tissus en ligne vendent des tissus chinés :
- Maeli Paris
- la section « tissus upcycling » de Un Chat sur un Fil (entre autres)
Et si vous avez la chance d’avoir une boutique Emmaüs ou une ressourcerie près de chez vous, vous trouverez des perles !
Upcycler
Si vous êtes créative, lancez-vous dans le upcycling ! A partir de vêtements usagés, créez des accessoires ou des nouveaux vêtements !
L’Atelier des Gourdes a d’ailleurs publié le livre « La couture upcycling » avec de chouettes projets !

Mais quelles matières coudre?
LE CAS DU COTON

Le coton est une matière que j’adore porter ! Respirant et doux, t-shirt, débardeur, chemise, blouse, veste de mi saison… j’en porte toute l’année !
Cependant la culture du coton demande beaucoup d’eau, de pesticides et d’engrais chimiques. Pour transformer la fleur de coton en fil puis en tissu, on utilise des produits à base de chlore, notamment l’eau de Javel.
L’industrie du coton est très polluante : pollution des sols, pollution de l’eau, risques pour la santé de l’homme.
Les teintures chimiques sont aussi une menace pour la santé à cause de l’utilisation de métaux lourds tels que le chrome ou le plomb.

25000 L d’eau pour un T-shirt en coton, soient 300 packs de 6 bouteilles d’eau
LE COTON BIO
La culture du coton bio a l’avantage de maintenir les sols sains et productifs grâce à l’utilisation d’engrais naturel. La santé de l’agriculteur est ainsi préservée de toute intoxication. Malheureusement, seule la culture de la plante est bio, reste à savoir si le processus de fabrication exclut lui aussi les produits chimiques.
Certaines merceries engagées vendent exclusivement des tissus bio :
Dans la plupart des boutiques classiques de tissus, on trouve aussi une partie « tissus bio » ou des tissus portant le label OEKO-TEX garantissant un respect des hommes et de l’environnement.
LE LIN
Le lin est cultivé en Normandie et dans le Nord de la France. Ce tissu est généralement un peu plus onéreux mais local. De plus, la culture du lin demande moins d’eau que le coton.
La boutique Mi Juin vend des vêtements en lin made in France ainsi que des kits d’accessoires et des tissus pour coudre nos propres pièces !

Date : juin 2005
Lieu : rocquemont (76)
VISCOSE, MODAL, LYOCELL, FAUX AMIS ?
Je couds aussi beaucoup de viscose car cette fibre est, elle aussi, très respirante et douce. Malheureusement elle n’est pas vertueuse.
Les fibres artificielles, telles que la viscose et le modal, sont produites à partir de ressources naturelles, la cellulose de bois. Mais elles sont transformées par des procédés chimiques qui emploient des substances toxiques, notamment le disulfure de carbone (CS2) et beaucoup d’eau.
La fabrication de la viscose, principalement en Inde, en Chine et en Indonésie, expose alors les ouvriers à des gaz nocifs. Et les eaux polluées des usines sont déversées sans être traitées et contaminent la population des villages alentours qui risque de graves pathologies.
20 % de la pollution des eaux est lié à l’industrie textile
En revanche, quelques bons points du côté du Tencel (ou lyocell) : ces fibres sont issues de forêts gérées durablement et les solvants utilisés ne sont pas toxiques.
Le Tencel est devenu le chouchou des marques éthiques car il nécessite bien moins d’eau que le coton mais possède quelques unes de ces qualités. En effet, le Tencel est absorbant, respirant et doux.
POLYESTER, POLYAMIDE, ELASTHANNE, ACRYLIQUE
Les fibres synthétiques, telles que le polyester ou l’acrylique, sont issues de l’industrie du pétrole, ressource non renouvelable, et sont fabriquées à l’aide de produits chimiques qui peuvent être irritants.
De plus, à chaque lavage, des microparticules de plastique se détachent du vêtement et se retrouvent dans les océans.
En revanche, les fibres synthétiques se recyclent très bien. Chez Patagonia, véritable précurseur dans le textile durable, on utilise du polyester recyclé pour créer les nouvelles collections.
LES FIBRES D’ORIGINE ANIMALE
Je rejette en bloc la soie et la (vraie) fourrure. En revanche, je n’ai pas encore franchi le cap de me passer de chaussures en cuir (plus confortables que le simili) mais je ne multiplie pas les paires de chaussures et je n’éprouve pas le besoin de porter des vêtements en cuir (jupe, veste, etc).
Quant à la laine, des labels garantissent des laines éco-responsables respectueuses des animaux (je vous invite à lire mon article Les laines d’origine animale).
Et pour les vêtements que l’on ne coud pas ?
Quand on a besoin d’un vêtement, c’est toujours une bonne idée de regarder du côté de la seconde main (friperies, applis de vides-dressing…). Beaucoup de marques ont désormais une section « seconde main ».
Si on ne trouve pas le vêtement dont on a besoin, on peut se tourner vers des marques éthiques. Oui, c’est plus cher que la fast fashion mais ces vêtements respectent l’environnement et l’humain et durent dans le temps.
ACHETER DURABLE : LA MODE ETHIQUE
Retrouvez des marques engagées sur la plate-forme « We dress fair ».
Exemples de marques engagées :
- Patagonia, marque californienne engagée, vêtements outdoor
- Gentle Factory, marque française de vêtements en coton recyclé ou en coton bio
- Loom, des basiques élégants
- Lemahieu, vêtements basiques et confortables made in France
- Asphalte, des intemporels et un système de pré-commandes pour produire la quantité juste
- 1083, jeans et vêtements en coton bio, lin ou laine
- Le Gaulois Jeans, jeans en lin et chanvre de Normandie
- Les Jupes de Prune (je m’inspire souvent de cette marque pour mes cousettes !)
- Blooming, culottes menstruelles
- We are jolies, lingerie en coton bio
- Mina Storm, lingerie engagée, éthique et body positive

***
Pour en savoir + :
The True Cost, film documentaire disponible sur Netflix (2015)
Fast fashion : les dessous de la mode à bas prix, sur ARTE (2021)
Comment s’habiller sans essorer la planète ? Présenté par Jamy Gourmaud sur FRANCE TV (2025)
Mode éthique : 8 marques à connaître absolument de la chaîne Youtube « Vic plus Green »
Textiles écologiques, guide des matières, blog « Planet addict«
(mis à jour le 07/01/2026)

